Pour Jean-Christophe Nourisson, il s’agit donc de montrer, par la pratique d’une abstraction conservant la présence du plan et de cet espace où se partage sans assignation hiérarchisante le sensible, la force éthique qui s’était si fortement affirmée lors de sa mise en place première. Si les bords deviennent fragiles tandis que l’artiste reconfigure le plan, c’est qu’ils enrichissent et entrelacent les espaces. Par exemple, les photogrammes des architectones, tout en paraissant réinstaurer la table rase, introduisent à l’intérieur des structures malévitchiennes une infinie variété de suite possibles virtuellement inscrites dans la découpe devenue complexe des limites. Ainsi la reproduction de l’image — en appelant à cette reproductibilité qui semble gérer le postmodernisme— se découvre en soi un facteur d’ouverture. Le fantôme de la modernité rejoint ici l’appel à l’imaginaire qui est si prégnant dans l’ensemble construit au fort Vauban. La modernité avait à coeur de faire rupture avec le passé, et tendait son imaginaire vers la seule résolution de la fin de l’histoire.Tout en affirmant comme position éthique le plan, interface de la page écrite, de la photographie, de l’architecture, Jean-Christophe Nourisson nourrit cette radicalité de ce que l’abstraction géométrique semblait exclure, les retours mémoriels et l’imaginaire.»
Extrait de Les abstractions architecturales
de Jean-Christophe Nourisson de Sylvie Coëllier
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Entre le vu et le méconnu, le beau et le trivial, s’immisce ce qui de l’organique se retrouve dans le végétal, ce qui réconcilie l’individu et la nature, faisant de l’homme le premier découvreur de sa propre intimité. Jacques Robert y trouve son identité artistique, celle d’un photographe qui ne cesse, en noir et blanc ou en couleur, de promener son regard d’entomologiste comme seul savait le faire, le dessinateur amoureux de son écorché ou le peintre habité par la lumière des couleurs. Pas étonnant alors de retrouver au détour d’un organe mis en scène au-dessus d’un ustensile de cuisine, l’atmosphère douce et recueillie d’un tableau de Georges de La Tour. Peu importe d’ailleurs les réminiscences vers lesquelles le spectateur peut être transporté, reste pour chacun d’entre nous la liberté de croire encore en une photographie où la métaphore et la beauté demeurent les chemins les plus empruntés pour lire dans l’organique la sensualité troublante de notre nature.»
Extrait de Le trouble de l’organique de Michelle Debat
consultable sur le site www.jacquesrobertphotos.com |