Sophie Lecomte travaille comme une Pénélope longuement, lentement, doucement. À travers
de simples et répétitives manipulations, elle cherche à retrouver les changements insensibles
de la nature. Elle croise et tisse des sens en portant attention à l’infime, au caché, à ce qui croît
en silence dans une invisible force (lichen, épines, graines, insectes, cailloux…) Son travail
se déploie en résonances, de fil en fil, entrelaçant diverses techniques (dessins, sculptures,
vidéos…) et se nourrit autant des questionnements du présent que des analogies des contes
et des métamorphoses des mythes.
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« La disparition des anciennes cultures prive une foule de gens du lieu qu’ils avaient en commun
et, du même coup, des images au moyen desquelles ceux qui l’habitaient se sont exprimés.
Mais la perte du lieu culturel où ils ont vécu un jour les transforme eux-mêmes en lieux
dans lesquels les images collectives continuent à vivre. » * Dans cette disparition et la perte
de nos ancrages, la mémoire commune qui fut la nôtre est détruite. Cette Bibliothèque errante,
ici ciselée dans du plomb, narre cette destruction millénaire, sciemment perpetrée, et s’essaye
à un replacement et une réparation improbables.
* Hans Belting . Pour une anthropologie des images . éd.Gallimard . 2001 . p 94
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