Exposition - 21 fevrier / 22 mars
   

Fôhn . acrylique sur toile . 89x116 cm
photographe . Jean-Pierre Cerveau

Sans titre . 30x30 . 2006
   

Raphaëlle Pia

Maya Boisgallays

Sur ses monumentaux tableaux carrés, Raphaëlle Pia ne peint pas seulement une rose: elle en piège l’essence, en fait vibrer la symbolique multiple. Subtils, les froissements de mauve et d’orangé translucides, de carmin ou de jaune lumineux montrent la fleur et uniquement la fleur, la fleur sans tige ni feuilles. A peine éclose ou en bouton gonflé d’espoir, épanouie ou lasse déjà et prête à se désassembler, celle-ci occupe seule tout l’espace. C’est à l’évidence une rose : cependant, les spectateurs y lisent qui une blessure, qui un sexe féminin violemment offert, qui un labyrinthe, un éclaboussement solaire ou un coeur explosé. Car sa plénitude fragile renvoie à l’éphémère ; sa beauté a quelque chose de douloureux, de dangereux ; la virulence de ses tonalités centrales se dilue, aux confins de la toile, dans l’absence. Apparemment juste esquissées, ces roses - presque des vitraux dans une église qui n’en comporte pas - sont au vrai rigoureusement structurées.

Extrait de Un froissement mystique de Roses .
Béatrice Comte . Figaro Magazine

 

consultable sur le site www.raphaellepia.fr

L’approche de cet ensemble de toiles se fait dans le silence et dans l’attente. De grands rectangles sombres... Des bandes juxtaposées, des fonds montés et travaillés à l’huile parfois enrichis desable varient, de l’âpre matité à la brillance séductrice, suivant l’éclairage ou le postionnement du spectateur. Et le spectateur se doit de s’y abandonner, de s’en laisser posséder, en toute intériorité.

Ces toiles se veulent à la dimension humaine. Pour un corps à corps plus spontané et plus profond. Le spectateur ne doit pas craindre de mettre les pieds dans la toile, de s’en laisser envahir, et de tourner autour de la forme, en douceur. Puis se fondre avec elle, en elle et entrer dans l’oubli, évacuant toute anecdote et se laissant dominer par un état de contemplation et de vacuité.

...chaque tableau apporte avec lui un carré de silence
et une raison à notre ramage intérieur de s’interrompre.
Claudel, notes sur Fantin Latour 1941

 

www.musimem.com/boisgallays.htm