Du samedi 8 novembre au dimanche 7 décembre

Alexandra Wolf et Clémence Urbain

 

 

Alexandra Wolf

 

CADAVRE EXQUIS
21H, tombée de la nuit, Patrick Domain, Place Dauphine, assis sur un banc. Le bloc de papier blanc sorti et l’appareil autour du cou, je lui explique une dernière fois les règles du “cadavre exquis*”. Après avoir écris ma première phrase qui commence toujours ainsi “suspendue à un fil, ma pensée danse au fond d’un puits”, je détache la feuille et tout en la tendant à mon co-poète, lui annonce mon dernier mot. Il réfléchit un instant puis enchaîne. Comment d’autres vont prolonger les premiers mots, les faire évoluer, les transformer. Je tourne autour de lui, cherche la lumière, son regard…
À son tour il me tend la feuille qui au fur et à mesure se rétrécit. Au dernier pli, je lui demande de lire le poème au complet et une dernière fois je capte ses émotions, sa surprise.
*La rencontre doit se faire la nuit dans un lieu que la personne aura choisi au préalable. Aussi pour rendre le cadavre exquis plus personnel, il est possible de transformer le dernier mot donné. Ainsi, si le dernier mot annoncé est “bonheur”, on pourra commencer par “bonne heure”, seule la phonétique compte.

 

Clémence Urbain

 

Le monde est là, autour. La lumière s'y promène pour parfois finir dans un oeil et donner vie à une image. Une petite boîte noire est là, dans ce même monde. Un minuscule trou lui permet de jouer à être un oeil. Elle capture la lumière et la fixe sur un morceau de papier. Voici une photo. La lumière doit s'imprégner lentement, non pas un instant mais un vrai moment, trente secondes, quelques minutes... L'image n'est plus celle du monde, mais alors celle du temps qui y passe doucement en y laissant ses traces.

 

Sténotype, accordéon.