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Christine
Jean
Tout le travail de Christine
Jean est traversé par l’eau.
De sa rencontre avec les paysages de terre
et d’eau du Vietnam sont nées
des œuvres où les pierres
jouent un rôle central : pierres
figurées, pierres réelles,
et récemment galets en céramique.
C’est d’en haut qu’elle
peint, quand au-dessus de la toile elle
dépose ses jus et pigments, elle
en observe le mouvement naturel qui n’est
pas sans évoquer celui des flots
capricieux du fleuve et des étangs
de la Somme. Elle a travaillé pendant
deux ans sur cette région, l’arpentant
au sol, la survolant en ULM, pour observer
les dessins mille fois changeants de la
mer et des sables.
C’est la lumière
qui domine, et donne au paysage son caractère
insaisissable et fuyant. Comme le dit
Christine Buci-Glucksman à propos
de la dernière série L’eau
d'en haut : “[…] Ce ne sont
pas des paysages, plutôt des abstracts
de paysages. Ce ne sont pas des abstractions,
ce sont comme des abstracts de figure,
complètement dans l’entre-deux
de tous les dualismes qu’a produit
l’esthétique. […] ce
sont des espaces d’outre monde que
vous explorez, c’est-à-dire
le monde, comme si vous pouviez le voir
du fond de la mer ou du haut du ciel.[…]
Le regard du ciel et le regard de l’eau
se fondent, envahissent tout et définissent
des traversées, des diagrammes
d’énergie, des forces, des
entrelacs, des entremêlements, …
mais on retrouve ces regards croisés
et c’est cela pour moi le mouvement
du cosmos. C’est l’infini
d’en haut et l’infini d'en
bas qui se rejoignent dans la recherche
d’un espace.”
Hans
Bouman
Rainer-Maria Rilke dans ses lettres
sur Cézanne écrit : "Lorsqu’on
peint, on peut déboucher soudain
devant une chose si démesurée
que personne n’en viendra jamais
à bout."
C’est peut-être en toute
ingénuité qu’Hans
Bouman s’est avancé sur ce
chemin. Alors, “a chose démesurée”
s’est imposée de façon
obsessionnelle : la tête humaine
à la fois miroir de l’autre
et sans doute autoportrait mental, microcosme
symbole de l’esprit, opposé
au corps manifestation de la matière.
En cadrage serré, proche du gros
plan, l’artiste par des couleurs
somptueuses quoique austères (gris,
noir, ocre, vert, bronze, rouge teint,blancs
salis), construit ses toiles d’une
expressivité poignante.
La tête, toujours solitaire, propose
un face-à-face, elle interroge,
on l’interroge, et de cet échange
muet peut-être jaillira la réponse,
chargée de mystère avec
ses yeux sans regard, elle instaure comme
l’icône une communion au secret
des choses et du temps.
Julie Carpentier.
site internet :
www.hansbouman.com
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