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Du 20 janvier
au 18 février
Benoît Manent • Génia Golendorf
Vernissage le 20 janvier à partir de 19h
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Benoît Manent

Je peins depuis une dizaine d'années à par tir de la photographie. Je me suis longtemps intéressé à sa dimension affective et nostalgique en créant des tableaux hyper-réalistes très denses à partir de mon album de famille.

Aujourd’hui, ma pratique se recentre sur des questions simples et essentielles de la représentation : le geste, la pose, le regard, l’espace, la matérialité de l’image et du corps. Mon geste, plus libre, tend vers plus de légèreté ; les personnages mis à distance dans de grands fonds de couleur deviennent alors des figures. Je cherche
à créer des peintures figuratives élémentaires, au bord de la narration sans être narratives.

 

 

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Génia Golendorf

Cela faisait un bon moment que la petite fille regardait fixement un coin de sa peau laissée nue par un trou de son chandail. Toute à la contemplation du soyeux épiderme rose, le ravissement dans lequel elle était plongée ne laissait en rien transparaître le trouble qui l’agitait. Pourtant, l’immobilité apparente de ce qu’elle apercevait entre les mailles disjointes du pull.
Non, elle n’était pas dupe, elle ne pouvait plus y croire. Ne venait-elle pas de découvrir dans un de ses manuels d’école que des milliards d’êtres vivants étaient enfermés là dessous, des êtres qui se déplaçaient, se nourrissaient, se reproduisaient avant de mourir pour laisser la place à d’autres. Les yeux écarquillés, elle avait relu plusieurs fois l’extravagant chapitre consacré à ces créatures microscopiques dont elle avait réussi péniblement à retenir certains noms, staphylocoque, bacille, vibrion et autres procaryotes…

Déjà, depuis qu’elle avait entendu raconter l’histoire de ces acariens qui vivaient partout dans sa maison et que pourtant elle n’avait jamais rencontrés, de peur que ce ne fut vrai, elle se cachait la nuit au fond de son lit. Mais là!

Elle avait toutes les peines du monde à imaginer que son propre corps puisse renfermer autant de paires de poumons, de cœurs, de foies et de longueurs d’intestins, bref tout ce qu’il fallait à ces myriades de lilliputiens pour subsister. Elle ferma les yeux afin de mieux ressentir ce monde silencieux et grouillant, ce monde imperceptible et complexe qui était à l’origine de son être. Elle comprit que c’était sans doute l’unique bien qu’elle possédât et alors qu’elle se sentait incapable de le contenir, elle sut qu’un beau jour ce microcosme aurait une fin.